Les réformateurs de 45 avaient noblement décidé d'asseoir le financement des quatre "risques" d'alors, la vieillesse, le chômage, la maternité, la maladie surtout, sur le seul salaire.
D'abord parce que trois de ces risques étaient directement liés au travail : la maladie était souvent professionnelle, la retraite marquait l'épuisement des forces du travailleur, le chômage (très théorique à l'époque) son inemploi.
Le revenu qu'on touchait dans ces situations d'exception devait donc être à la fois le fruit du travail, une sorte de salaire différé, et le fruit de la solidarité entre les travailleurs. Bel idéal, devenu réalité pendant plusieurs décennies.
Le monde a changé. Assise sur les seules salaires, minée par la stagnation des salaires dans la valeur ajoutée, par les contraintes de politiques purement comptables et par la multiplication des régimes dérogatoires, notre Sécurité sociale est à bout de souffle.
Parallèlement, la retraite s'est allongée et le risque dépendance s'est ajouté au risque vieillesse. Le chômage a explosé, de moins en moins correlé à la valeur réelle ou à la motivation du salarié. La maladie est moins professionnelle qu'avant, en revanche nos besoins de santé explosent. Les risques n'ont pas disparu, mais ils ont cessé depuis longtemps de se rattacher essentiellement à la relation de travail.
Il est temps que le PS fasse de cette question un étendard : le financement des 5 risques sociaux ne doit plus être assis sur le seul revenu du salaire, mais sur l'ensemble de la valeur ajoutée du pays. Notre pays, rappelons-le, n'a jamais été aussi riche. Le problème du financement de la Sécu n'est pas un problème de dépenses, mais un problème de recettes.
En alimentant directement la Sécu sur la valeur ajoutée globale de l'économie, en transférant les cotisations vers l'impôt sur les sociétés, on favorise l'embauche : désormais, le coût d'un salarié deviendrait pratiquement équivalent à son salaire net. Et les entreprises qui licencient pour faire du bénéfice cotiseraient de toute façon plus que les autres, sur ce bénéfice supplémentaire.
Bien plus, en assurant une source de revenus pérennes à la Sécu, on pourrait envisager de financer sur la même base le risque logement, criant aujourd'hui, et le risque formation, qui frappe avec le plus d'injustice.
Au travail !
Chercher des solutions intelligentes pour réformer la protection sociale et l'annoncer dans un blog! Pas étonnant que les socialistes perdent les élections!
RépondreSupprimerUn conseil: annoncez donc qu'on ne vous élira pas pour augmenter les impôts et vous pourrez créer une taxe sur le téléphone et l'internet, une autre sur les supports et le matériel informatiques. Répétez qu'on ne vous élira pas pour augmenter les impôts et vous pourrez augmenter les franchises médicales, les plaques d'immatriculation, les passeports.Et si vous dites une fois de plus qu'on ne vous élira pas pour augmenter les impôts, vous pourrez ajouter une taxe sur les revenus d'épargne pour financer le RSA plus quelques autres que je n'ai plus à l'esprit.
Non vraiment vouloir être intelligent, c'est dépassé. L'heure est à la ruse et à la filouterie.