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mardi 16 juin 2009

La Marche des Sans Papiers à Douai

« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Les participants à la marche des sans-papiers du Nord, de passage hier à Douai, rappelaient cette phrase qui est si souvent opposée à leurs demandes de régularisation, à leur souhait de mener enfin une vie normale dans le pays de leur cœur.

Non, « toute la misère du monde » ne déferlera jamais sur nos côtes. Même pauvres, la majorité des humains préfèrent vivre dans leur pays, dans leur culture, auprès des amis, parents et voisins qui les ont vu grandir. Le chômage et les difficultés économiques ont-il créé un exode massif des Ch’tis vers les côtes –qui plus est ensoleillées- de la dynamique Provence ? Jamais de la vie. Et la plupart d’entre nous préfèrent leur terroir, avec ses joies et ses peines, à l’aventure.

Non, en régularisant des sans-papiers, la France n’accueille pas de la misère. Elle accueille avant tout des femmes et des hommes actifs, souvent dans la force de l’âge, parmi les plus dynamiques et audacieux de leur pays, puisqu’ils ont eu le courage et la force de le quitter, et prêts à travailler dur pour faire leur place en France. Loin de s’appauvrir, la France s’enrichit à les accueillir.

Elle s’enrichit parce que ces nouveaux Français connaissent souvent déjà en partie la culture et la langue française, pour venir de pays qu’elle a colonisés, mais apportent une différence qui permet à cette culture de se renouveler. La France s’enrichit aussi parce que ces femmes et ces hommes produiront de la richesse, souvent acceptant des emplois difficiles, consommeront des biens et des services, paieront un loyer et des impôts… Elle s’enrichit enfin de personnes qui ont compris, en vivant l’injustice, l’importance de la solidarité. D’où arrivaient ces sans-papiers ? De la Sambre, où ils étaient venus offrir aux réfugiés de la tornade 1000 € récoltés lors d’un repas solidaire.

Faut-il pour autant accueillir tout le monde et n’importe qui ? Sans conditions ? Pas forcément. Mais ces conditions ont été posées, il y a quelques années, par le gouvernement Villepin : disposer d’un travail ou d’une promesse d’embauche, parler ou apprendre le français, être investi dans la vie sociale ou associative. Les sans-papiers soutenus par le CSP 59 respectent tous ces conditions et c’est pourquoi le CSP 59 soutient leur régularisation. Mais il faut croire que les efforts accomplis ne suffisent jamais, quand au fond, le refus était déjà décidé à l’avance.

Voilà pourquoi les Socialistes douaisiens, aux côtés des Communistes, des Verts et des Radicaux douaisiens, soutiennent le combat des sans-papiers du Nord. Voilà pourquoi, plus largement, nous militons pour le respect de notre devoir d’accueil des réfugiés et pour le maintien d’un flux d’immigration légale, sans faire de tri en fonction des métiers à pourvoir. Voilà pourquoi enfin, nous souhaitons une politique volontariste de l’accueil et de l’accompagnement des nouveaux Français, pour qu’ils maîtrisent le plus rapidement possible nos coutumes et notre langue.

Bonne chance aux marcheurs dans leur combat !

Lien vers le CSP 59 : http://leblogducsp59.over-blog.com/

1 commentaire:

  1. Qu'il soit permis à un homme âgé de laisser parler sa mémoire. Quand Michel Rocard a prononcé la phrase que Frédéric Chéreau choisit pour ouvrir son excellent article auquel j'applaudis tout à fait, j'ai entendu:

    "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part."

    Avouez que la phrase complète n'a pas tout à fait le même sens!

    A propos, ce samedi de 18h à 19h, comme chaque troisième samedi du mois, des Douaisiens formeront un Cercle du Silence sur la Place d'Armes pour témoigner de leur solidarité avec les sans papiers et dénoncer les conditions qui leur sont faites dans le pays qui se dit des Droits de l'Homme. A samedi donc!

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